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Consulat Général Honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne ne traite pas des affaires civiles
et ne délivre pas de visa pour la Russie

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2017 2016

Table ronde au Château de Coppet: centième anniversaire de la Révolution de 1917

Le 27 Avril, le somptueux château de Coppet a accueilli la désormais traditionnelle table ronde annuelle organisée par le Consulat général honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne. Cette année, la réunion d’experts internationaux a été consacrée au centenaire de la Grande Révolution russe.

L'importance historique de cet évènement a attiré l'attention de chercheurs du monde entier. Les changements en Russie au début du siècle dernier ont influencé le cours de l'histoire mondiale et c’est pourquoi la compréhension et l'analyse contemporaine de ce processus révolutionnaire et de ses protagonistes permet une meilleure compréhension de l'histoire récente.

Le Consulat honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne organise chaque année une table ronde dédiée à des questions clés de relations internationales, d’histoire et de culture. Le but de ces discussions ne peut pas être réduit à la formulation d'une réponse unique ou d’une évaluation à valeur unique. Il est ici question de donner au public intéressé la possibilité de se familiariser avec des approches différentes et d'élargir sa compréhension de questions clés. 

La liste des participants à la table ronde de cette année confirme que cette dernière est une plate-forme d'échange de points de vue. Le professeur Dominic Lieven de Cambridge, le professeur Andrei Andreyev de l'Université d’État de Moscou, l’historien et docteur en droit Olivier Meuwli et le chercheur en chef à l'Institut d'histoire russe Vladimir Bouldakov étaient présents, ainsi que le journaliste suisse et chercheur Erik Hoesli en tant que modérateur de cette table ronde.

Avant que le débat ne commence dans l'une des salles du château de Coppet, le Consul général honoraire Frederik Paulsen a salué les intervenants et le public lors d’un discours de bienvenue. Il a souligné le haut niveau des experts invités et les diverses thématiques qui seraient abordées ce soir là dans le cadre du centenaire de la Grande Révolution russe. Puis, chacun des experts a donné une courte présentation qui ont été suivies d'un échange de points de vues et d’une discussion ouverte au public.

Le premier à prendre la parole fut le professeur Lieven, auteur de nombreux ouvrages et articles sur l'histoire russe. Lors de son discours, il tenta d’apporter une réponse à la question  suivante : « La fin de l'empire tsariste était-elle inévitable?». À ses yeux, la situation socio-économique du pays avant la révolution, la gestion des crises et la Première Guerre mondiale ont accéléré l'effondrement de l'empire Romanov, qui, dans tous les cas, n’aurait pas pu survivre dans ce nouvel environnement.

Pour Dominic Lieven, « Les historiens occidentaux jusqu'à la fin des années 1960 ont insisté sur le fait qu’avant la Révolution, une société civile existait déjà en Russie, mais elle a été détruite par l’arrivée au pouvoir des bolcheviks. En URSS, la science historique officielle affirmait que le pays au début du XX siècle n'avait qu'une seule possibilité - la révolution bolchevique. Cependant, nous comprenons maintenant que les deux parties ne prennent pas en compte tous les aspects en jeu. La Russie sous Nicolas II était dans une crise profonde dont elle ne pouvait sortir que par une transformation du régime. Le changement était donc inévitable mais sa forme aurait pu être différente».

Le Professeur Andrei Andreev a décidé quant à lui de se concentrer sur le rôle des universités suisses dans la préparation de la révolution de 1917. Selon ses recherches, les cercles des étudiants russes en Suisse étaient organisés d'une manière spécifique. Ils étaient tous très politisés et renfermés sur eux-mêmes. Ainsi, les étudiants qui arrivaient en Suisse étaient directement impliqués dans les cercles qui cherchaient à propager l’esprit révolutionnaire. Certains étudiants quittaient la Russie pour Genève et Zurich précisément dans le but de se rapprocher de ces révolutionnaires. Cependant, les recherches de Andrei Andreev démontrent que les universités suisses n'ont pas interféré avec les activités de ces cercles.
Le contexte décrit par Andrei Andreev est également celui de la présentation du professeur Vladimir Bouldakov sur les caractéristiques sociales et psychologiques des élèves qui sont devenus plus tard les personnes clés de la Révolution russe. Selon Bouldakov, leur principale caractéristique était leur détachement complet des relations sociales et des classes auxquelles ils appartenaient.

La dernière intervention, consacrée à la position de la Suisse dans les années avant la Révolution, fut celle de Olivier Meuwli. Il a lui même résumé son idée majeure par les mots suivants : « À cette époque, la Confédération a connu une période de croissance économique soutenue. On observe la solidification et consolidation des mécanismes de base de l'ordre social et politique qui ont déterminé la poursuite de la prospérité du pays. La Suisse était avant tout intéressée par son propre développement et elle a développé activement ses relations commerciales étrangères, tout en essayant d'éviter les conflits politiques ».
Cette série de présentations riche a offert un terrain fertile au débat et à un échange de points de vue variés et reflète que la Révolution de 1917 est une des périodes clés de l'histoire mondiale dont l'étude nécessite encore beaucoup de temps et d'efforts.